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Date : 16/05/2005
L’Eglise catholique au Japon est organisée en 17 diocèses et ne représente qu’un petit effectif de 450 000 personnes, soit 0,34% de la population. Petit effectif mais grande Histoire !
Au XVIème siècle, les marchands portugais furent les premiers à aborder ce qu’on appelait « Cipangu » -déformation d’un mot chinois qui signifie : le pays de l’origine du soleil-. L’un des premiers compagnons de saint Ignace, François Xavier, prends connaissance de ces terres qui ne connaissent rien de la bonne nouvelle chrétienne. Apres la rencontre puis le baptême d’un japonais en exil, François Xavier décide d’aller proclamer l’Evangile au Japon. C’est ainsi que les premiers missionnaires débarquent dans le sud du Japon le 15 août 1549. la prédication remporte grand intérêt dans le Kyushu, mais le rêve de François Xavier est de prêcher a Kyoto, la capitale. Le daimyo de Yamaguchi autorise le missionnaire portugais à « prêcher et à faire des convertis ». La doctrine de François Xavier séduit, notamment des samouraïs, le témoignage de charité des nouveaux chrétiens impressionne. Le premier évangélisateur du Japon s’embarque alors pour d’autres terres, celle de la Chine en face de laquelle il mourra avant d’y avoir posé le pied.
La suite de l’évangélisation du Japon, sera toujours soumise aux conditions politiques du pays. Après une période d’anarchie féodale et d’ouverture à l’étranger, succèdent un pouvoir central fort et une quasi fermeture du pays. Ce n’est pas tellement au Shintoïsme que le christianisme va se heurter, mais bien plus au bouddhisme venue de Chine via la Corée vers le VIIème siècle.
Beaucoup de bonzes craignaient l’arrivée d’une nouvelle religion, qui risquait de mettre à mal leur pouvoir établi, surtout que le nombre de baptisés augmentait et en nombre et en estime au sein de la population. Les Jésuites sont rejoint à la fin du XVIème siècle par des franciscains venu de Manille. La peur gagne les seigneurs qui craignent que les missionnaires ne soient que l’avant garde d’une invasion puis d’une soumission à une puissance étrangère. 6 religieux franciscains espagnols, 17 japonais collaborateurs de ces missionnaires et trois jésuites furent de ce groupe de 26 condamnés à mort à Kyoto, et crucifié à Nagasaki. Tout au long de leur voyage vers la croix, ils continuent de rendre témoignage et s’attirent la vénération des foules. Sur la Croix Paul Miki, implorera le pardon de ses bourreaux. Au XVI et XVIIème siècle, le pouvoir shogunal (dynastie Tokugawa) entreprend de violentes persécutions contre le Christianisme ; les missionnaires se voient interdire toute prédication. Les chrétiens persévèrent tout de même et l’Evangile progresse, malgré les lois anti-chrétiennes. Tokugawa Ieyasu ordonne en 1614 l’expulsion de tous les missionnaires, la destruction des églises et le retour à la religion ancestrale, sous peine de déportation ou d’exécution. Jusqu’en 1854, le Japon allait être fermé à toute influence étrangère.
Pendant deux cent ans, le christianisme va vivre au Japon, dans la plus grande clandestinité, sans prêtre. Les villages s’organisent avec des catéchistes, des ministres de « l’eau » (baptême), un chargé du calendrier… Cependant ils devaient être rattaché à un Temple bouddhiste et chaque année fouler des images saintes pour prouver qu’ils n’étaient pas chrétiens. Ceux que l’on découvrait comme chrétiens étaient soumis à de nombreuses tortures afin de les obliger à apostasier, faute de quoi l’exécution s’en suivait.
La première moitié du XIX voit le Japon se rouvrir doucement à l’étranger pour des raisons commerciales. La Société des Missions Etrangères de Paris se voit confier la mission du Japon. Des lieux de cultes sont ouvert à destinations uniquement de ces marchands venu d’Amérique et d’Europe. Le 17 mars 1865, le Père Petitjean - résidant à coté de Nagasaki – entrevoit des gens se tenant à proximité de son église. Avec eux il entre et s’agenouille. Grâce à la statue de Ste Marie, ils se découvrent mutuellement chrétien, séparé depuis deux siècles par les persécutions. Il faudra encore des années de souffrance pour que les chrétiens retrouvent la liberté, grâce aux pressions des puissances occidentales. Pendant la première partie du XXème siècle le christianisme japonais va devoir faire face à la montée du nationalisme pour, après la guerre jouir d’une entière liberté
D’après Le Christ au Japon , Emilien Milcent M.E.P, Tequi 1979